Marqueterie Bénédicte Delvaux

La Marqueterie, un Métier, une Passion

Archive pour la catégorie 'L’atelier'

Quelques Heures de Travail plus tard…

Posté : 10 juillet, 2009 @ 12:03 dans L'atelier | 2 commentaires »

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Le champ de la création artistique et technique se définit selon les étapes suivantes,

1. Mon inspiration :

Elle émane de mes goûts personnels ou d’une attente particulière d’une personne.

L’une de mes marqueteries est dessinée en extrapolation d’un motif de carreau de faïence d’une cuisine dans laquelle la marqueterie fut encollée sur la surface totale de la hotte de cette cuisine (cf. pages Marqueterie – Corbeille de Fruits / Marqueterie – Farandole de Tournesols).

Des modèles sont dessinés selon les motifs celtes qui me rappellent mes racines familiales. Ils ont été commandés et adaptés pour l’ornementation de boîtes de transport d’instruments de musique bretons. (cf. page Marqueterie – Entrelacs Celtes).

Les motifs inspirés du monde animalier ou les portraits sont demandés en guise de cadeaux personnalisés à l’occasion de fêtes (cf. pages Marqueterie – Jument et son Poulain / Marqueterie – Tortue Maori / Marqueterie – Portrait d’Enfant).

Je cherche aussi des modèles modernes qui dynamisent et rajeunissent l’esprit décoratif de ce art empreint souvent de connotations décoratives anciennes de notre patrimoine. (cf. page Bonsaï en Fleurs). Ces modèles plus contemporains sont inspirés par la lecture de magazines de décoration actuelle ou au gré de balades à des expositions.

J’élargie également la gamme de mes modèles à des expressions plus urbaines tels des grafs urbains, des traductions de modèles d’inspiration tribale ou des motifs plus féeriques (cf. pages Marqueterie – Il était une Fée… / Marqueterie – La P’tite Fée Rose)

2. Dessin et Choix des Essences :

Le matériau de base employé se présente sous la forme de fines épaisseurs de feuilles de bois, appelé placage.

La première étape de travail sur une oeuvre est le dessin très précis du modèle choisi et la légende des bois s’y afférant.

Cette étape, non négligeable, est très créative et évolutive pour tendre vers le dessin final qui servira de base à toute l’élaboration de la marqueterie.

Lors de la réflexion sur la légende des bois, il faut jouer avec les essences françaises (chêne, hêtre, bouleau, noyer….) et des essences plus exotiques (amarante, ébène, bois de violette, okoumé, wengé….)

La composition des frisages et marquetries est mise en valeur par le jeu des fils des bois, des imperfections des placages, des loupes et ronces, des ondulations et maillages naturellement présents sur certaines essences.

L’ombrage au sable chaud par trempage ou à la pelle donnera toute la dimension réaliste à l’oeuvre.

3. Découpe des pièces par la méthode dite « éléments par éléments » :

C’est la technique de découpe la plus ancienne et la plus utilisée par les professionnels. Elle permet une composition de l’oeuvre la plus précise et la plus fine au niveau des jointures. Je constitue un paquet de placage par essence définie, donc autant de paquets que d’essences composant le motif.

Un paquet est composé de 3 épaisseurs, comme suit :

  • 1 ép. de contreplaque (en samba) pour encoller le motif à découper,

  • 1 ép. du placage de la pièce,

  • 1 ép. de samba qui récupère toutes les bavures de coupe.

Les épaisseurs de samba (bois très peu onéreux) partent au rebus.

Pour réaliser une marqueterie de qualité, il faut découper les pièces une par une, des plus volumineuses au plus minuscules, et, reconstituer le motif en « éclaté » dans un plateau adapté à la taille de l’oeuvre.

Actuellement, j’utilise un bocfil (scie à chantourner manuelle) pour découper. Le jeu des frisages est lui découpé à la scie à placage (outil manuel) et l’affleurage des joints est obtenu à la varlope (rabot).

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4. Ombrage au sable chaud :

Il est conseillé d’utiliser du sable de Fontainebleau, particulièrement blanc et fin pour la réalisation d’ombrages très précis. Pour ma part, je me suis équipée de sable pour terrarium et le résultat est aussi très satisfaisant.

J’ombre au-dessus d’un feu à gaz qui permet d’atteindre la température requise et de brunir très rapidement les pièces. Celles teintées dans la masse sont plus lentes à monter en ombrage malgré tout.

Chaque pièce est passée au sable chaud (environ 300°c.) selon le dessin du rendu des ombrages.

5. Découpe du Fond :

Il faut évider le fond qui va recevoir le motif reconstitué. Ce fond est frisé et les jointures parfaitement ajustées.

Plusieurs feuilles de placages sont souvent nécessaires pour préparer un fond aux côtes de la surface plaquée. La feuille de placage a une largeur qui varie selon le diamètre du tronc de l’arbre.

La découpe du fond est faite avec une scie à chantourner mécanique qui a un col de cygne d’une amplitude supérieure à celle d’un bocfil à main. Cette même scie peut permettre également la découpe des pièces d’un motif en plusieurs exemplaires pour des réalisations de petite série.

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6. Incrustation et encollage :

Une fois le fond débité, je procède à l’incrustation du motif pièce par pièce et à l’encollage de la marqueterie sur une cale tendue (papier kraft tendu, mouillé et séché, encollé sur une surface de bois plane). La marqueterie est encollée sur le kraft sur son recto. Cette préparation du placage sera encollée au final, retournée, sur le bâti qui est orné de l’oeuvre. Le papier kraft sera nettoyé au racloir pour révéler le motif et son fond.

Le choix de la colle varie selon l’utilisation future de l’objet ou du meuble et de l’environnement dans lequel il s’inscrit.

Il faut préconiser l’usage de la colle chaude (à base d’os et de nerf de boeuf) pour des marqueteries qui seront sujettes à être restaurées lorsqu’elles sont encollées sur un meuble ou un coffret.

Par contre, j’utilise de la colle blanche vynilique ou à base de résine polyuréthane pour des marqueteries encollées sur des tableaux ou dans des environnements spécifiques type cuisine et salle de bain, ceci pour une meilleure résistance à la chaleur et l’humidité.

7. Le Serrage :

Selon la colle employée, je procède à un serrage sous presses (serre-joints) ou sous vide (système de la poche à vide pour l’extraction de l’air intérieur).

8. Les Finitions :

Après serrage et séchage complet de la surface, suivent une série d’étapes de finition pour révéler le motif, le meuble et l’objet :

  • Nettoyage des scotchs de maintien des pièces à l’incrustation,

  • Nettoyage de la colle en surface,

  • Raclage au racloir (outil manuel) pour affleurer toutes les épaisseurs de bois et faire disparaître les résidus de colle,

  • Masticage si nécessaire des jointures, (agglomérat de colle chaude/eau/sciure de bois)

  • Ponçage à des grains différents (du 80 au 600) pour lisser progressivement la surface,

  • Rempli des pores à la ponce à soie et tampon à l’alcool,
  • et, Vernis façon tampon à l’ancienne

  • (ou) Rempli au fond dur cellulosique dilué avec ponçages intermédiaires des couches de produit,

  • et, Vernis contemporain cellulosique et ponçage (2) couches pour protéger les bois et faire ressortir toute la dimension du motif. De même que pour l’encollage, le choix du vernis et de son application sera décidé en fonction de l’utilisation et de l’environnement de stockage futur.

  • (ou) Rempli des pores à la cire composée d’un mélange de cire d’abeille et de carnauba

  • et, Montage des couches supérieures en cire & lustrage

9. Autres effets décoratifs à marier avec la marqueterie :

Une fois la marqueterie finie plusieurs options de décoration peuvent être envisagées :

  • Le placage intégral du meuble ou de l’objet,

  • L’encadrement d’un tableau,

  • L’encollage de la marqueterie sur une des faces de l’objet et le reste composé d’un :

    • effet ciré,

    • effet patiné,

    • effet chaulé (essuyé),

    • effet craquelé,

    • effet glacis,

    • effet cérusé.

10. Ma gamme d’objets :

  • Gamme courante :

    • Boîtes à clefs, à mouchoirs,

    • Coffrets à bijoux (possibilité de vernir l’intérieur ou de le garnir d’une finition intérieure tapissée),

    • Vide-poches,

  • Gamme moyenne :
    • Boîte de rangement & transport d’instruments de musique,

    • Cadre à photos,

    • Encadrement de miroirs,

    • Tableau,

    • Plateau de service (thé, café) de différentes dimensions,

  • Gamme supérieure :

    • Plateaux de guéridon, de table basse, de bureau,

    • Meuble entièrement plaqué,

    • Hotte de cuisine, porte.

A la lecture de ces étapes de travail, il ressort, Quelques Heures plus tard…., le travail d’une oeuvre unique, personnalisée et propre à la personne qui s’approprie l’âme de l’artiste et apprécie le savoir-faire ancestral mis en application à l’atelier.

Spicymini,

P’tite Fleur de Marqueterie

 

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